Une cuillère de sirop d’érable par jour éloigne le médecin pour toujours ?

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Si on pouvait attribuer un aliment à notre terroir, le sirop d’érable remporterait sans nul doute la palme pour sa constante popularité, sa façon de réunir les familles et son goût si particulier apprécié de tous! Alors que notre monnaie porte fièrement sa feuille comme emblème, on peut dire que l’érable coule à flot dans les veines du peuple Québécois. Un produit si particulier, qui de par ses arômes nous enchante depuis belle lurette…Alors qu’il est consommé sous différentes formes, en tire sur la neige, en sirop sur les crêpes ou en beurre sur les «toasts», le sirop et l’eau d’érable, outre leurs effets sur notre niveau de bonheur quotidien,  sembleraient également avoir des effets positifs sur notre santé.

Origine

La sève d’érable nous provient principalement de trois variétés caractéristiques d’érables, soit l’érable à sucre, l’argenté et l’érable rouge. Les deux derniers sont d’ailleurs reconnus pour donner une sève d’une meilleure qualité et un rendement supérieur que l’érable à sucre. Fait intéressant : le Québec fournit à lui seul plus de 90% de toute la production nationale de sirop!  Tout simplement, un système de vaisseaux constitue l’érable, qui permet de pomper l’eau vers les feuilles à l’aide des racines et des nutriments du sol. La nuit, lorsque la température chute sous zéro, les racines absorbent l’eau du sol. Ce phénomène entraîne une succion du sucre vers le haut, alors qu’il n’y a plus de pression à l’intérieur du tronc. À l’inverse, le jour venu, comme la température augmente graduellement, le tronc sous pression entraîne alors une coulée de l’eau qui peut alors être recueillie. Au début Mars, on entaille les arbres et on installe la tubulure de manière à acheminer l’eau sucrée jusqu’à la cabane, où elle sera ensuite bouillie et diluée jusqu’à obtenir un sirop lisse et savoureux.

À votre santé !

Du sirop d’érable pour prévenir le diabète? Voilà le genre de promesse santé qu’on attribue à cet or liquide. Mais pouvons-nous réellement remplacer le sucre blanc par ce sirop, pourtant tout aussi sucré? Les chercheurs de l’Institut de Nutrition et d’Aliments Fonctionnels de nul autre que l’Université Laval (INAF), se sont penchés sur la question et ont découvert que le sirop d’érable, en plus d’être riche en antioxydants, dû aux nombreux polyphénols qui le constituent, permettrait également une meilleure absorption du glucose par nos cellules, ce qui du même coup, réduirait l’index glycémique de ce produit. De plus, en le comparant à d’autres sortes de sucres, on remarque que les acides abscissiques et phasiques qui le composent auraient la capacité de réduire ou de combattre le stress causé par notre environnement. Toujours en le comparant aux autres agents sucrants, le sirop d’érable serait constitué majoritairement de sucrose et de très peu de fructose. Ce dernier est associé à de plus hauts risques de complications métaboliques, telles les maladies cardiovasculaires ou le diabète de type II. En effet, le fructose est absorbé très rapidement au niveau du foie et entraîne une plus grande accumulation de lipide.

Le sirop d’érable renferme également une source non négligeable de vitamines et minéraux. En effet, une portion de 60 ml nous procure 100% de nos besoins en manganèse et 37% en riboflavine (vitamine B2). De plus, l’acide abscissique jouerait aussi un rôle dans le contrôle du diabète. En stimulant le relâchement de l’insuline, elle favoriserait l’absorption des sucres par les muscles. De plus récentes études suggèrent même que l’eau d’érable à elle seule comprendrait plus de 46 molécules actives nécessaires à la vie de l’arbre. De plus, l’écorce et les feuilles de l’érable contiendraient autant de composantes, toutes bénéfiques pour la santé. Tous ces résultats scientifiques nous poussent à croire que le sirop d’érable serait peut-être un substitut à la soupe de Panoramix (le fameux druide Gaulois) et c’est probablement ce qui explique l’engouement nouveau pour l’eau d’érable pure et la santé.

Finalement, que ce soit une fois par jour dans votre café ou une fois l’an avec des oreilles de «Christ» aux bines, on peut dire que le sirop d’érable fait partie intégrante de nos vies, mais surtout de notre patrimoine. La cabane à sucre, si attendue au printemps, nous réconcilie avec notre climat et nous fait oublier les peines de l’hiver. Aussi rassembleur que riche en culture, le sirop se consomme sous toutes ses formes; alors que les enfants le préfèrent en tire au bout d’un bâton, «mononcle» Serge le dégustera dans ses œufs tandis que grand-maman le cuisinera en pudding chômeur et le sportif comme carburant! Il existe à peu près autant de famille que de cabane à sucre et tout autant d’anecdotes plus sucrées les unes que les autres. Alors portons fièrement l’érable près du cœur et savourons ses richesses, qu’elles soient nutritionnelles ou gustatives!

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Références

Côté, Jean, Simard, François-Xavier. Le livre du sirop d’érable. Les éditions Québécor, Outremont (Québec), 200 pages. 1997

Gravel, Pauline. Santé- Des chercheurs mettent en lumière les vertus du sirop d’érable, Le devoir, 7 Octobre 2013

Samson, Claudette. De l’eau d’érable aux probiotiques, Le soleil, 3 Mars 2013

Source photo

Magdalena Kucova/Shutterstock