Un esprit sain dans un corps sain

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Le concept de santé peut paraître simple à première vue, mais celui-ci doit être saisi comme un ensemble pour bien le comprendre. L’être humain a longtemps pensé que la santé se définissait par l’absence de maladie. Or, nous avons réalisé que la santé globale est un concept bien plus complexe influencé par de multiples facteurs et comprend évidemment la sphère de la santé mentale. Comment prendre soin de cette dernière ? Comment l’activité physique peut aider à réduire les risques de dépression ?

La dépression est encore un sujet tabou dans notre société. Pourtant, cette maladie mentale touche une bonne partie de la population. En effet, 12% de la population québécoise connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie. Les dépressions affectent plus souvent les femmes et elles peuvent survenir à tout âge, généralement à partir de 15 ans. De plus, il est à noter que chaque épisode risque d’augmenter les risques de récidives. Ce n’est donc pas un problème anodin et il se doit d’être pris au sérieux.

LES CAUSES

Certaines causes de cette maladie sont non-contrôlables. Celles-ci regroupent les facteurs héréditaires, des évènements stressants (divorce, décès, etc.) et des effets concomitants à certaines maladies (cancer, SIDA, AVC, etc.). Cependant, dans d’autres cas, les dépressions peuvent provenir directement de nos habitudes de vie. Tout d’abord, les gens sédentaires ont une plus grande tendance à devenir dépressifs. Par la suite, selon de nombreuses études, les individus fumeurs sont plus à risque d’être dépressif. Mais est-ce la dépression qui porte les gens à fumer ou le fait de fumer qui mène à la dépression? C’est l’œuf ou la poule? On ne sait pas encore, mais chose certaine, la cessation tabagique serait associée à une diminution des symptômes dépressifs.

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE DANS TOUT ÇA?

En plus d’avoir une bonne relation avec une meilleure santé mentale, l’activité physique a un effet bénéfique sur l’arrêt tabagique. D’une pierre, deux coups! Mais comment cela fonctionne? Pour le moment, ce ne sont que des hypothèses et il n’est pas possible de connaître LA solution. Ce serait plutôt une combinaison.

Tout d’abord, il y a les hypothèses psychologiques : l’activité physique apporte une distraction, un sentiment d’accomplissement et un support social. L’entraînement amène de plus des sentiments positifs et augmente l’estime en soi, réduisant du coup le stress et les symptômes dépressifs. Par la suite, il y a l’hypothèse hormonale. Les gens actifs auraient un niveau d’endorphine supérieur aux gens sédentaires. Cette hormone est un neurotransmetteur qui crée un effet analgésique et relaxant. Elle apporte le sentiment de bien-être suite à des activités physiques intenses ou même après des relations sexuelles.

Ensuite, d’autres hypothèses suggèrent des effets sur le sommeil. En effet, des troubles du sommeil peuvent induire des troubles psychologiques et aggraver les symptômes de dépression. Heureusement, l’activité physique permet un sommeil plus récupérateur, ainsi qu’un temps de latence plus court (temps pour s’endormir). Lorsqu’on s’entraîne, il y a augmentation de la transmission de la sérotonine, un neurotransmetteur qui régule le cycle circadien. De plus, l’entraînement augmente la température interne, juste assez pour avoir des bienfaits sur le sommeil.

Tous ces facteurs pris en considération ensemble peuvent avoir des effets positifs. Existe-t-il une prescription d’entraînement en particulier? Selon certaines études, respecter les recommandations de 150 minutes d’activité physique par semaine permettrait de prévenir la dépression. Il s’agit des mêmes normes pour être considéré comme une personne active et par le fait même non sédentaire. Cependant, il faut que la durée des efforts soit d’au moins 10 minutes consécutives pour avoir les bénéfices visés. L’entraînement peut être autant cardiovasculaire que musculaire, l’important c’est de bouger, même 10 minutes de marche peuvent être bénéfiques!

Pour conclure, voici quelques conseils concernant l’activité physique.

PETITS CONSEILS PRATIQUES

  • Éviter de faire du sport précédant l’heure du coucher. En effet, l’activité physique dans une journée peut aider au sommeil, mais une augmentation trop prononcée de la température peut nuire au sommeil. Donc limiter les sports à intensité élevé en fin de soirée.
  • Nous n’avons pas parlé beaucoup du stress, même si celui-ci peut avoir un impact direct sur la dépression. L’activité physique possède des effets bénéfiques sur la gestion du stress. Donc en fin de session, prenez un peu de temps pour sortir bouger!
  • Trop en faire, c’est comme pas assez. Le surentraînement peut conduire directement à la dépression.
  • Certaines périodes de l’année sont plus déprimantes, par exemple, les « blues de l’hiver » où il y a un manque de lumière et les températures sont plus froides. C’est une période clé où il faut continuer nos activités sportives. Initiez-vous à un sport d’hiver !

Signature Julien

RÉFÉRENCES

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