Partir.

Ce mot me donne des frissons. De bons frissons. Le genre qui te fait tenir bon jusqu’à la fin de ta session. Jusqu’au prochain 3 semaines ou 4 mois off dans l’année où tes pieds ne sont pas enracinés à Québec. Faut dire que j’adore l’école, je suis passionnée par ce que j’étudie… Mais entre vous et moi, rien ne battra jamais l’école de la vie. Celle spéciale où on s’y rend en avion au lieu du fameux autobus scolaire. Où ton passeport est ta carte étudiante et tes yeux et ton cœur, tes cahiers de notes.


Je vous avoue qu’en voulant commencer ce second paragraphe, j’ai eu le syndrome de la page blanche. Je crois que le plan du texte était de parler du voyage en général, de ce que ça représente pour les voyageurs. Mais changement de plan, je me reprends. Chacun vit le voyage différemment et c’est merveilleux ainsi. Voici ma vision personnelle de la chose après 22 ans et toutes mes dents.

Quitter le pays et aller se perdre dans un autre, en surface, c’est des paysages magnifiques à couper le souffle. Des belles photos concept Instagram à profusion (#AbusDePhotosConceptDeDosEnVoyage). Des activités cool. Beaucoup trop de choix pour une nouvelle photo couverture Facebook (j’vous l’ai dit, les paysages sont i-n-c-r-o-y-a-b-l-e-s… et tu y étais, de dos en plus, parle-moi de tsa!). Être la star hollywoodienne de ta famille élargie et amis pendant les 2 semaines suivant ton arrivée. Ça c’est le glitter, la pointe de l’iceberg, ce qu’on voit sur les réseaux sociaux.

L’énorme immense gigantesque motton de glace en dessous de l’eau de l’iceberg c’est quoi ? C’est les gens extraordinaires que tu as rencontrés et côtoyés lors de ton périple, des gens influents, qui ont vécu des émotions fortes à tes côtés. Certains deviendront même des amis pour la vie, peu importe le nombre de kilomètres qui vous séparent après le retour à la maison.  C’est l’ouverture d’esprit que tu as développé au fil du temps et la curiosité insatiable de vouloir connaître et comprendre l’autre.

C’est l’émerveillement, les émotions indescriptibles que tu as ressentis lorsque tu as été témoin de la beauté infinie de la nature. C’est te découvrir. Te bâtir une confiance en toi que tu n’aurais jamais pensé (tabarouette j’ai eu le guts de faire ça ?). Pour certaines aventures, c’est le dépassement de soi complet physiquement. Là c’est ton corps qui se dit probablement «Tabarouette, t’es folle j’ai réussi à faire ça ?».

Pour d’autres voyages, c’est des réflexions, beaucoup de réflexions. Il y a des images qui choquent, qui marquent et qui ne peuvent t’empêcher de te poser des questions. Le voyage, ce n’est pas tout le temps rose. Et c’est correct. Ça fait maturer, ça fait prendre conscience et ça aide à comprendre un peu plus la vie (même si par moments, elle reste 100% incompréhensible on va se l’avouer!)

Voyager, c’est les fous rires qui font pas de sens à 3 heures du matin (parce que tu es sur un décalage et ton cerveau est mêlééééé), c’est le sourire fendu jusqu’aux oreilles lorsque des amis que tu n’as pas vu depuis des mois t’accueillent à l’aéroport et c’est aussi une petite mimique de baboune (rien de trop gros, je suis hyper orgeuilleuse :p) lorsqu’il est temps de quitter ce pays et ces gens qui t’avais si bien accueillie. Mais hey, even the hardest goodbyes will always be worth the beautiful hello.

Si je pouvais résumer, partir de chez soi, explorer le monde magnifique qui nous entoure, la quantité inestimable d’informations absorbées et d’expériences vécues en cours de route, ça change quelqu’un. Tu as beau retourner dans ta p’tite ville, dans la même maison, dans ta même routine, tu n’es plus la même et tu le sens. Ton âme, sans que tu le veuilles, a grandi de 2-3 pouces.

L’école c’est bien l’fun, mais ça battra jamais l’école de la vie.

photo de dos partir
Photo : Hawaii 2015