Les blessures de sur-utilisation et les effets des anti-inflammatoires

pic blessures de sur-utilisation

Qui ne s’est jamais blessé après avoir recommencé la saison de tennis trop rapidement ou après avoir changé de type de souliers de course trop brusquement ? En effet, la majorité de la population sportive ou même sédentaire fait ces erreurs qui mènent la plupart du temps à des blessures de sur-utilisation.

Le processus de guérison

Commençons par le tout début. Suite à un entraînement par exemple, il se crée des micro-dommages musculaires et ligamentaires. Ces structures doivent alors se «réparer» pour devenir plus fortes afin d’éviter les récidives. Pour bien comprendre les étapes de guérison, il faut savoir qu’il existe 3 principales phases. La phase inflammatoire dure environ quatre jours et c’est à ce stade qu’apparaît les signes de chaleur, douleur, rougeur et de gonflement dû à l’invasion des cellules inflammatoires. Ensuite, la phase de réparation s’installe pour une période d’environ 10 à 14 jours et les fibroblastes (cellules) s’activent pour produire du nouveau collagène. Par la suite, un équilibre s’installe entre la formation et la dégradation de collagène, c’est ce qu’on appelle la phase de remodelage. C’est aussi à ce stade que ces nouvelles fibres, à la fois solides et souples, vont s’orienter de façon optimale grâce à la reprise graduelle de l’activité. Ce processus normal de guérison peut durer jusqu’à plusieurs semaines, voir quelques mois selon chaque condition.

Les blessures de sur-utilisation

Ne vous est-il pas déjà arrivé de vous blesser sans avoir subi un traumatisme ? En effet, les blessures de sur-utilisation apparaissent graduellement et peuvent être causées par une multitude de facteurs. Par exemple, le début d’une activité soudaine et inhabituelle, une technique inadéquate, un changement d’équipement ou une activité incluant des mouvements répétitifs peuvent en être les causes. Elles surviennent lorsque l’intensité et la fréquence du stress excèdent le potentiel de régénération et d’adaptation de la structure touchée. Concrètement, cela signifie que la structure (muscle, ligament) n’a pas le temps nécessaire pour se régénérer complètement avant d’être soumis au prochain stress. Pour faire un lien avec le processus de guérison, la phase de réparation et de remodelage ne se produisent pas ou ne sont pas complétées.

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)

La plupart d’entre nous avons le réflexe d’utiliser les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) de façon spontanée lorsqu’une douleur survient sans nécessairement en savoir l’utilité et la nécessité. Ceux les plus connus en vente libre sont : Ibuprofen, Naproxen, Advil et Voltaren. Les AINS ont un effet inhibiteur sur les prostaglandines, cellules responsables du processus inflammatoire (chaleur, gonflement, rougeur), ainsi que sur les prostacyclines, cellules favorisant la douleur. Sachant que la phase inflammatoire est essentielle et normale pour une régénération complète et efficace des structures, il n’est pas recommandé d’empêcher cette phase de se produire. En effet, elle permet de nettoyer les débris dans la zone affectée, de prévenir les infections et de favoriser la guérison des tissus blessés. Encore plus important, elle permet à la structure de s’adapter et de se régénérer afin d’éviter les récidives de blessures.

Cela étant dit, plusieurs études démontrent qu’il est conseillé d’utiliser des AINS lorsque la réaction inflammatoire devient excessive seulement. En effet, il est recommandé d’en prendre rapidement lorsque la condition dégénère, mais cela pour une courte durée (maximum 3 jours) seulement. Cela a comme effet de limiter et diminuer les signes d’inflammation de façon ponctuelle afin d’optimiser la fonction. Il est primordial d’arrêter la prise d’AINS rapidement puisque selon plusieurs études, une prise d’AINS de façon régulière ou pour de longues périodes aurait des effets néfastes sur la réparation musculaire et sur l’adaptation du muscle à l’entrainement.

En conclusion, n’oubliez pas que les AINS peuvent perturber les phénomènes d’adaptation et de guérison s’ils sont mal utilisés. Lors d’une phase inflammatoire anormale, utilisez les AINS pour une durée rapide et brève. Advenant qu’une blessure de sur-utilisation s’installe, plutôt que d’avoir le réflexe d’utiliser ce genre de traitement pharmacologique, prenez quelques jours de repos, appliquez de la glace, déterminez la cause de cette blessure et consultez un physiothérapeute au besoin.

Pour plus d’information sur les blessures de sur-utilisation : https://www.youtube.com/watch?v=tct6Zh5MIp0

signature andrée-anne

Références

Frémont, Pierre. (Automne 2016). Thème 13 : Introduction aux principes généraux de traitement des lésions musculosquelettiques. Notes de cours. [PDF]. PHT-1000 : Système musculosquelettique: du laboratoire à la clinique, Université Laval.

Frémont, Pierre. (Automne 2016). Thème 14 : Rationnel des traitements pharmacologiques et de réadaptation sur les pathologies de l’appareil locomoteur. Notes de cours. [PDF]. PHT-1000 : Système musculosquelettique: du laboratoire à la clinique, Université Laval.

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