Le sexe : une activité physique comme les autres !

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En kinésiologie, à l’université, on a un cours de sexe et ça nous fait tous un peu sourire. Pourquoi ? Parce que le sexe, c’est une activité physique comme les autres. Aucune discrimination, non non !

On rit, mais le sujet peut être très sérieux. En effet, en tant que kin, on peut être portés à travailler avec une clientèle cardiaque et celle-ci peut parfois être frileuse à l’idée de faire l’amour, de peur de faire un infarctus durant l’acte…

En ce sens, on nous a fourni plusieurs recommandations à transmettre et même des idées de positions rien de moins ! Par exemple, quelle position est préférable lorsque monsieur a des difficultés respiratoires (aka on s’organise pour que le ‘’travail’’ de monsieur soit moins exigeant…), lorsque c’est madame qui a des difficultés respiratoires et qu’il faut la ménager (eh non, détrompez-vous l’étoile ne fait pas partie de la liste haha). Enfin bref, ce n’est pas de ça dont j’ai envie de vous parler !

 

Ce qui me fait vraiment tripper dans le bacc, c’est l’aspect prévention, la promotion des saines habitudes de vie. Alors sans plus tarder, jasons des bienfaits de l’activité physique 😉

Physiologiquement, le sexe augmente la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque, la sudation, la température corporelle, la tension artérielle et libère des endorphines (hormones de bien-être). Tout cela me semble pas très loin d’une bonne séance au gym… minus les cute gym clothes !

Des chercheurs ont d’ailleurs associé l’activité sexuelle à environ 3 à 5 METS (MET = Metabolic Equivalent of Task, méthode permettant de mesurer l’intensité d’une activité physique et la dépense énergétique), ce qui la place après la marche à 2 km/h (2 à 3 METS), mais avant le golf (4 à 5 METS)1.

On est loin de l’entraînement de sprint de course par intervalles, mais tout de même ! (Encore une fois, cela peut dépendre de la vigourosité de certaines personnes… À débattre :p)

 

Tout comme l’activité physique, le sexe diminue le stress et l’anxiété en plus de favoriser l’estime de soi (oui oui !). Une étude a voulu mesurer les répercussions de l’activité sexuelle sur une prestation publique. Lorsque le sujet avait fait l’amour avant de parler en public, sa tension artérielle était plus basse et son stress était réduit comparativement à lorsqu’il n’avait pas eu de relation dans un passé récent2. On peut dire qu’il se sentait plus confiant. Si on résume, vous savez ce qu’il vous reste à faire d’ici votre prochain exposé oral…

Du côté de l’humeur, la satisfaction sexuelle est inversement reliée à la dépression3 (pas vraiment de révélation choc ici… !) Au niveau des migraines, l’orgasme serait efficace pour le soulagement des maux de tête et agirait plus rapidement qu’un advil ou tylenol (en étant tout de même moins puissant)4. Eh oui, la légendaire excuse «Pas ce soir chéri, j’ai mal à la tête…» est facilement argumentable (de rien, ça fait plaisir).

Fatigué ? Le sexe permet aussi un sommeil de qualité, réparateur dû à la libération d’hormones spécifiques associées à la relaxation. Dans le même ordre d’idées, ces dernières pourraient contribuer à diminuer les douleurs chroniques dues à leur effet analgésique. Le genre de pilule que certains patients seraient peut-être plus enclins de prendre…

 

Lorsqu’on regarde ce qui se passe chez les personnes âgées, la fréquence des relations sexuelles aurait un impact positif sur la longévité selon plusieurs études, donc diminuerait la mortalité. Cela fait du sens puisque d’autres études menées sur les cancers de la prostate et du sein ont démontré qu’une histoire d’éjaculation fréquente (≥21/mois)5 est reliée à une diminution générale du cancer de la prostate et que le haut risque de cancer du sein est associé avec la rareté des relations (≤1/mois)6. C’est donc sans surprise qu’un taux de mortalité plus élevé lié au cancer du sein et de l’appareil génital  peut être observé chez les soeurs6 ! Une autre étude stipule que 3 à 4 orgasmes par semaines diminuent les risques cardiaques7.

 

Toutefois je tiens à rappeler que ce ne sont que des études ! C’est-à-dire qu’il est possible de voir une tendance, mais qu’il faut être critique et ne pas prendre ça pour du cash, c’est-à-dire ne pas paniquer si on est abstinents ! La très grande majorité des bienfaits du sexe peuvent tout aussi être retirés de la pratique de n’importe quel sport ou activités sur une base régulière 🙂

En conclusion, qu’on enfile ses shoes de course ou un condom, l’histoire est plutôt semblable : fort probable qu’on aille un énorme sourire de bonheur scotché su’a face après l’effort…

Bon entraînement 😉

 

 

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Référence

Le sexe au cœur du sujet par Valérie Coats, kinésiologue dans le cadre du cours Activité physique et comportements de santé donné par le médecin Jean Doré, professeur au département de kinésiologie de l’Université Laval.

 

Références des notes du cours

  1. Paskow et Dafoe, 1999
  2. Brody S, Blood pressure reactivity to stress is better for people who recently had penile-vagina intercourse than for people who had other or no sexual activity, Biological psychology, 2006, vol. 71, p.214-222
  3. Nicolosi et al, 2004
  4. Evans et Couch, 2001
  5. Leitzmann et al, 2004
  6. Butler Sm, Trends in mortality in older woman: findings from the Nun study, J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci 1996 Jul, 51(4): s201-8
  7. Ebrahim S et al, Sexual intercourse and risk of ischaemic stroke and coronary heart disease : the caerphilly study, epidemiol community health, 2002, 56, p.99-102