L’alimentation qui a du « pif » !

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À l’ère où encore beaucoup (trop) de gens se proclament spécialistes de l’alimentation, il est pertinent de se rappeler que les seuls professionnels formés à répondre aux besoins nutritionnels de la population sont les diététistes-nutritionnistes. En ce mois consacré à la nutrition, voilà une bonne raison de mettre en lumière l’alimentation, pour le plaisir et en toute simplicité.

Besoin vital et source de plaisir, les aliments se veulent porteurs d’énergie et d’éléments essentiels à notre bonne santé. Heureux de pouvoir jouir du plaisir de se nourrir convenablement, pourtant encore beaucoup de personnes vivent un vrai combat avec les aliments, du matin au soir. Avec inquiétude, on constate qu’au Québec, près de 50% des femmes de poids normal désireraient perdre du poids (1). C’est donc sous cette problématique que les Diététistes du Canada orientent la campagne du mois de mars en scandant haut et fort le slogan suivant : mettez fin au combat avec les aliments ! Ciblez le problème, renseignez-vous et demandez de l’aide (2).

Parce que le fait de « manger devrait être une activité agréable et non pas une source de frustration et de confusion », quelques outils pourront vous aider à mettre fin à ce combat infernal. Tout cela dans le but de réapprendre à savourer chaque bouchée, de partager le moment présent et de découvrir une variété d’aliments simples, goûteux et nutritifs. Ciblons le problème et renseignons-nous !

 

  1. Les modes à la mode.

N’hésitez pas à garder un esprit critique lorsque vous lisez des informations sur la nutrition via des plateformes comme internet. D’abord, sachez reconnaître les faits parmi la fiction et cibler les sources émises. Par exemple, si on vous vante les produits miracles d’un seul aliment, il se peut que la vérité ait été largement embellie. Malheureusement, les aliments n’ont pas le pouvoir de guérir des maladies, ne sont pas de petites bombes nettoyantes et purifiantes et malheureusement ne permettent pas de concocter des boissons à la hauteur de Panoramix… La diversité et la variété restent notre seul moyen de prévention pour maintenir une bonne santé à long terme.

  1. Fermentation interne…

Les ballonnements, les gaz, et les inconforts digestifs sont des problèmes que beaucoup de Québécois rencontrent dans une vie.  De causes multifactorielles, les sources de ces inconforts ne sont pas automatiquement liées à des intolérances au gluten ou au lactose. Afin d’éviter certaines restrictions et se mettre à risque d’avoir des déficits en vitamines et minéraux essentiels, il vaut mieux consulter un professionnel de la santé afin de mieux comprendre l’origine de nos inconforts.

  1. Tes désirs sont des ordres !

Certains enfants ou amis dans votre entourage ont peut-être des difficultés à intégrer une variété d’aliments et se nomment « difficiles ». Pour certains parents, ce phénomène peut causer un stress intense à la venue du repas en famille, surtout lorsque celui-ci s’éternise pendant des heures. Tentons alors d’intégrer un élément agréable à chaque repas du soir. Par exemple, allumer des chandelles, mettre une musique appréciée de la famille, essayer une nouvelle recette que l’enfant aura choisie et le laisser cuisiner certaines parties du repas.  Si vous êtes vous-même difficile, souvenez-vous que nous pouvons goûter au moins 15 fois un aliment avant de réellement l’apprécier (3)

 

  1. « Stressed spelled backward is desserts »

La faim émotionnelle, qui parfois nous pousse à consommer des aliments pour combler un vide ou pour soulager notre stress ne fait qu’accentuer notre sentiment d’impuissance et de culpabilité envers certains aliments. Si vous avez l’impression que vous mangez souvent des aliments sans vous en rendre compte et qu’ils sont plus souvent riches en calories, en gras et en sucre, vous aurez tout à gagner à prendre du recul sur votre situation et de vous informer sur les ressources pouvant vous aider à manger au gré de vos signaux de faim et de satiété. Le principe de l’alimentation intuitive (voir le site internet de Karine Gravel) vous permet de comprendre les sources inhérentes à cette situation et à devenir plus attentif à vos choix alimentaires au quotidien.

  1. Une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours…

Comme je le mentionnais ci-haut, un aliment en soi n’a malheureusement pas les propriétés miracles de guérir le cancer et à l’inverse, peut en trop grande quantité, nuire à l’atteinte d’autres vitamines et minéraux essentiels à votre santé. Par ailleurs, certaines situations médicales, comme le diabète de type 2, sont stabilisées par une bonne gestion et compréhension du rôle des aliments sur la santé. Par exemple, un diabétique devra manger une certaine quantité de glucides par repas et devra bien les calculer afin d’éviter l’apparition de complications. Qui plus est, combiné à un mode de vie actif, la variété de notre alimentation pourra nous aider à minimiser nos risques de problèmes de santé à moyen long terme.

Finalement, le plaisir de bien manger passe également par nos connaissances sur les aliments, mais également nos compétences culinaires. Plus vous vous approprierez les aliments, plus facile sera la préparation et la planification des repas de la semaine. Pas besoin de s’improviser chef gastronomique pour savourer de nouvelles recettes. Inspirez-vous des aliments locaux, apprenez à visiter les recettes de votre enfance, mais surtout ayez du plaisir à manger avec des gens que vous appréciez.

Votre défi : Tenter une nouvelle recette par semaine de type « Tousky » (tout ce qui reste dans le réfrigérateur) en mettant l’emphase sur la présentation, les couleurs, les textures et l’environnement physique.

Je vous invite également à (ré)-écouter le film Ratatouille de Disney afin de vous souvenir que l’essentiel et le pur plaisir se cachent souvent dans la simplicité.

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signature catherine tg

Références :

  1. IPSOS REID (2008). Canadian Women’s Attitudes Towards Weight, Sondage pour le compte des Producteurs laitiers du Canada
  2. Diététistes du Canada (2017) Campagne du mois de la nutrition 2017. En ligne : http://www.dietitians.ca/Your-Health/Nutrition-Month/Nutrition-Month.aspx
  3. Birch, L. L., McPhee, L., Shoba, B. C., Pirok, E., & Steinberg, L. (1987). What kind of exposure reduces children’s food neophobia?: Looking vs. tasting. Appetite, 9(3), 171-178.

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