La préparation mentale : l’ingrédient secret de la sauce à spag de votre mère

 

Vous avez probablement tous, à un moment ou à un autre, voulu reproduire la bonne vieille sauce à spag de votre mère. Vous savez, la recette traditionnelle difficilement imitable qui goûte votre enfance? Drôlement, lorsque vous tentez votre chance, même si vous avez suivi à la lettre ses indications, utilisé tous les ingrédients sur sa liste et bien calculé le temps de cuisson, il manque toujours le facteur « X » qui la rend si savoureuse. Ce facteur « X », j’aime bien le comparer à la préparation mentale des athlètes.

En tant que sportif, si vous avez déjà voulu atteindre un objectif difficile ou performer à votre pleine capacité, vous avez probablement essayé d’élever votre niveau de performance en suivant fidèlement votre plan d’entraînement, de nutrition ou en planifiant précisément votre sommeil, votre hydratation. Malgré tous ces efforts, vous est-il quand même arrivé d’être tout simplement incapable de performer à la hauteur de vos capacités lors d’une compétition? Voire même performer en dessous de ce que vous faites à l’entraînement?

La plupart du temps, j’observe des athlètes dans une forme physique phé-no-mé-na-le, mais qui ne sont pas équipés mentalement pour gérer efficacement les défis qui peuvent les déstabiliser lors d’une compétition. Afin de performer de façon optimale, ça prend une combinaison particulière des aspects physiques et psychologiques. Ici, le facteur « X » se traduit par la préparation psychologique de l’athlète. Même si c’est un ingrédient invisible (comme l’amour de sa mère dans sa sauce à spag), ça peut faire toute la différence entre réussir ou échouer.

Pour mieux comprendre le rôle que la préparation mentale joue dans VOTRE recette de performance, répondez à cette question :

Quel pourcentage de votre performance attribuez-vous à l’aspect psychologique?

Ensuite, demandez-vous quel pourcentage de votre performance appartient à vos capacités physiques? La somme de vos réponses devrait vous donner un total de 100 % (p. ex. : 55 % physique, 45 % mental).

Considérant le % que vous avez déterminé, croyez-vous que le nombre d’heures d’entraînement de vos habiletés mentales, versus physiques, représente bien ce pourcentage*?

Si votre réponse est « non », vous n’êtes pas seul! Même s’il est démontré qu’à capacités physiques égales, la façon dont les athlètes pensent et réagissent sur le plan émotif peut faire toute la différence lors d’une performance, la majorité n’intègre pas systématiquement cette pratique à leur préparation. Mais pourquoi?

Curieusement, même s’il est reconnu qu’entre 40-90 % du succès serait lié à des facteurs psychologiques, les athlètes ont tendance à négliger ou (pire) ignorer totalement ce type d’entraînement.

Même si cette place importante que prennent les habiletés mentales de l’athlète dans le sport n’est pas un concept nouveau, leur développement et leur soutien passent souvent sous le radar.

Trop d’entraîneurs et d’athlètes pensent que la préparation mentale ne s’applique qu’aux sportifs élites ayant gagné au minimum dix médailles d’or olympiques, ayant participé à huit ultramarathons, douze ironmans tout en jouant pour la NHL. Ou pire! Ils entretiennent la croyance que de fortes habiletés mentales c’est « juste naturel » ou un « don » (dans le genre : « on les a » ou « on ne les a pas »). Mais c’est faux. Les athlètes de tous les niveaux peuvent apprendre à élever leur niveau mental afin d’atteindre leurs aspirations de façon saine et performante.

L’entraînement mental amène les athlètes à créer, de façon constante et volontaire, les conditions mentales gagnantes qui leur permettent de performer à leur meilleur ainsi que de faire face à différents degrés de stress sans mettre en péril leur bien-être.

 

Un bon entraînement mental permet de mettre en place – ici et maintenant – des stratégies concrètes pour mieux gérer ses résistances, peurs, blocages, reprendre le contrôle de ses émotions et discipliner ses pensées. Qui ne veut pas être plus concentré, confiant, motivé ou meilleur à gérer le stress, les erreurs, la pression, les blessures, les conflits? Bye bye les barrières psychologiques qui vous empêchent d’exploiter pleinement votre potentiel!

Tout comme les habiletés techniques ou physiques, les habiletés mentales doivent être pratiquées avant d’être maîtrisées.

Si vous souhaitez renforcer votre muscle mental, je vous propose de commencer par cibler vos conditions mentales idéales pour performer. En dressant votre profil personnalisé, vous pourrez immédiatement identifier vos faiblesses et sélectionner les outils ou techniques (p. ex. : visualisation, relaxation) à incorporer dans votre routine d’entraînement en vue de votre prochaine compétition.

 

Exercice

Repensez à un moment où vous avez performé au-delà de vos attentes. Faites une liste des émotions, pensées, sensations physiques ressenties lors de cette performance (p. ex. : j’étais concentré, bien ancré dans le moment présent, etc.). Maintenant, refaites une liste en repensant à un moment où vous avez sous-performé. Comparez. Identifiez les caractéristiques clés qui vous permettent de performer à votre meilleur. Ciblez les aspects à entraîner lors de votre préparation mentale.

Pour en savoir plus, pour perfectionner vos habiletés mentales ou pour dresser un plan personnalisé, n’hésitez pas à me contacter : info@christianathom.com.

 

* Le temps requis pour l’entraînement mental peut varier d’un athlète à l’autre. Le % n’est pas à prendre au pied de la lettre!

 

Christiana Bédard-Thom

Candidate au Doctorat en Psychologie du Sport

Université Laval

 

Références

Krane, J. et Williams, J. M. (2015). Psychological characteristics of peak performance. Dans J. M. Williams et V. Krane (dir.), Applied Sport Psycholog : Personal Growth to Peak Performance (7e éd., p. 159-175). New York, NY: McGraw Hill.

Weinberg R. S. et Williams, J. M. (2015). Integrating and implementing psychological skills training program. Dans J. M. Williams et V. Krane (dir.), Applied Sport Psychology: Personal Growth to Peak Performance (7e éd., p. 329-358). New York, NY: McGraw Hill.