Gastronomie sur six pattes

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Les tendances fusent dans le domaine alimentaire.  Même si certains courants ne se démodent pas, d’autres prennent en popularité, mais viennent surtout tenter de remédier aux problèmes de surconsommation alimentaire, de pollution à l’échelle planétaire et de famine croissante.  Alors que le végétarisme a déjà fait ses preuves au niveau écologique, l’entomophagie ne perd rien à se faire connaître. Oui, ne vous méprenez pas du terme, vous avez bien lu… Le fait de manger des insectes serait la solution pour économiser de l’eau et diminuer les émissions de gaz à effet de serre. En effet, ce mode alimentaire, peu connu en Amérique du Nord est déjà adopté par plus de 80% de la population planétaire et de plus en plus popularisé par des chefs cuisiniers. Manger des sauterelles n’aura jamais eu si bon goût!

Savez-vous que Santé Canada accepte déjà les débris d’insectes dans les aliments et que l’on en mange jusqu’à 50g par année sans s’en rendre compte, particulièrement dans les fruits séchés, la farine et le chocolat ? De plus, les insectes se cachent dans la préparation du colorant naturel tel le rouge carmin, issu de la cochenille.

Comme quoi la culture dans laquelle nous évoluons a une grande influence sur ce que nous mangeons. En effet, il y a quelques années seulement, l’idée de manger du poisson cru était improbable, mais nous sommes pourtant rapidement devenus friands des sushis et des tartares. Selon la FAO, 527 insectes différents seraient consommés à l’heure actuelle dans différents pays, tels l’Asie du sud-est, l’Afrique et en Amérique du sud. De plus, on recense près de 1900 espèces d’insectes un peu partout aux quatre coins du globe, ce qui représente une variété suffisante pour se préparer un vrai festin…

Mis à part l’économie en terme de production agricole et de pollution ; pour produire 1 Kg d’insecte il faut 3,2 Kg de nourriture versus 10Kg pour produire de la viande. Les insectes sont riches en nutriments, étonnamment en protéines. Aussi, ils contiennent une bonne quantité de gras insaturés, de fibres et de vitamines telles les vitamines A et B. De plus, pour le producteur ainsi que pour le consommateur, cela s’avère un choix économique sensé tout en étant  une solution hyper nutritive pour les populations souffrantes de malnutrition.

Voici une petite liste de huit insectes qui pourraient éventuellement être cultivés à grande échelle puisque leur ingestion semble être bénéfique à différents points de vue sur notre santé.

  1. Le scarabée

Beaucoup en Amazonie et dans les régions en forêt en Afrique. Ils transforment la cellulose de l’arbre (indigestible à l’homme) en gras digestible. Un des insectes le plus riche en protéine.

  1. Papillons et chenilles

Riches en protéine et en fer, ils sont populaires en Afrique. Ils sont d’excellents suppléments pour les femmes enceintes et les enfants (fer). On retrouve souvent dans les boissons mexicaines un petit ver gras qui vit près des plants d’agaves.

  1. Abeilles et tons

Consommés surtout en Asie, Afrique, Australie, Mexique. Ils sont dégustés lorsqu’ils ne sont pas encore matures et auraient un goût de noix telles les arachides.

  1. Fourmis

Elles sont très pauvres en glucides, mais extrêmement riche en protéines. En effet, 100g de fourmis rouges correspond à 14g de protéines, ce qui est plus qu’un œuf (8g). Très riche en calcium (48g / 100g) et en fer.

  1. Sauterelles

Elles seraient les plus consommées et ont une saveur très neutre.

  1. Mouches

Elles prennent le goût d’où elles se développent. Par exemple sur de vieux fromage ou près de certains plans d’eau où elles goûtent alors le canard ou le poisson.

  1. La notonecte

Elle est très facile à cultiver et abondante dans la nature. Ses œufs qu’elle dépose sur les plans d’eau sont séchés et utilisés pour faire du caviar mexicain qui goûte légèrement les crevettes.

  1. Punaise

Bonne source d’iode, elle aurait en plus des propriétés anesthésiques et analgésiques.

Je vous l’accorde, même si du jour au lendemain nous nous retrouvions avec une poche de fourmis et de sauterelles prêtes à manger, nous aurions sans doute quelques difficultés à franchir le pas et oser cuisiner ces petites bestioles. Heureusement, de nombreux chef cuisiniers partout dans le monde tentent de jouer avec ce nouvel ingrédient pour créer des plats digne des plus grands restaurants. Premièrement, René Redzepi, chef du restaurant Noma à Copenhague a mis sur pied un laboratoire, le Nordic Food Lab, qui tente de créer des recettes susceptibles d’être aimées par la plupart des consommateurs peu initiés. Par exemple, ils auraient concoctés une soupe aux larves d’abeilles ainsi qu’une mousseline de teignes. Plus près de chez nous, à Toronto, le restaurant Atlantic, dirigé par le chef David Faure, propose rien de moins que des tacos de criquets!

Depuis de nombreuses années, à l’insectarium de Montréal, il est possible de consommer des sucettes aux mouches ou des chocolats aux grillons. Ne reculons devant rien et toujours dans l’optique d’aller vers de l’avant, le premier restaurant d’insecte ouvrira ses portes à l’insectarium en 2017.  De plus, cet été s’y tenait pour la première fois le congrès international d’entomophagie où de nombreuses sommités et chefs de partout se sont rassemblés pour discuter des enjeux futurs, les avantages ainsi que les avenues possibles entourant ce mode d’alimentation, disons-le, peu orthodoxe.

Depuis quelques années, les athlètes savourent les bienfaits des insectes et les utilisent pour carburer avant, pendant et même après l’effort.

Cet été au Québec, nous avons pu remarquer une certaine frénésie chez les triathlètes pour les bars naak (compagnie montréalaise) qui propose des barres à base de grillons, idéales à l’effort puisqu’elles sont une bonne source de sodium, elles sont en faibles fibres et en protéines et riches en glucides.

Pour bien récupérer, la compagnie Uka protéine (aussi québécoise) propose quant à elle des barres idéales post entraînement. Se décomposant en 2 saveurs distinctes, elles sont faites de protéines de grillons qui sont bien absorbées par l’organisme, ce qui contribue à une meilleure récupération des tissus. Idéale comme collation, une barre contient 10g protéines et 6g de fibres, qui nous aident à être rassasiés jusqu’au prochain repas.

Finalement, il est possible de se procurer de la poudre de grillons (aromatisée à la vanille ou au chocolat) de la compagnie crik nutrition (Manitoba) et de faire soi-même nos propres smoothies post entraînement, des boules d’énergie ou même des crêpes riches en protéines !

Recette :

https://www.facebook.com/criknutrition/photos/a.666299750142605.1073741828.644612422311338/1015770945195482/?type=3&theater

 

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