Barbie 2.0

barbie 2.0 article de cath

Alors que le printemps se déploie de toute sa splendeur, voilà déjà que les bonnes résolutions de l’été se font ressentir à mesure que les plages se dessinent dans nos têtes. Pendant que la culture populaire brûle de nous rappeler l’importance de porter fièrement le bikini, paradoxalement les crèmeries du coin débordent de promesses sucrées et chocolatées…

Toutes les raisons deviennent bonnes pour se lancer dans la course à la perte de poids, que ce soit par un régime miracle, une cure de jus ou bien de l’entraînement excessif. Ces techniques, prometteuses de résultats spectaculaires, ne font qu’accroître le désespoir et la culpabilité à ne pas ressembler au modèle unique de santé si valorisé.

Comment pouvons-nous avoir la prétention de déterminer la santé par un paramètre aussi abstrait que l’apparence physique et le poids? Le jugement des autres devient facile et souvent teinté d’irrespect qui pousse parfois les gens à se mettre à l’écart et éviter au maximum les activités physiques de peur d’être ridiculisés.

Ne cherchant pas à amenuiser le problème grandissant de l’obésité et ses risques sur la santé, mon billet d’aujourd’hui se veut plutôt une réflexion sur les déterminants d’une bonne santé et notre façon de les favoriser dans notre société. Dans la même veine, le 6 mai sera la journée nationale sans diète appuyée par les diététistes du Québec qui aura pour thème le plaisir de manger sans culpabilité.

Tout récemment, on pouvait lire sur le blogue de Simone Lemieux, professeure et chercheur à l’INAF que l’activité physique à elle seule ne favorisait pas une perte de poids à long terme, mais augmenterait globalement notre santé (1). En effet, chaque personne a un potentiel de perte de poids différent qui est influencé par notre génétique, mais également par notre historique individuelle de perte de poids; une personne ayant eu de nombreuses fluctuations pondérales et pour qui les régimes se sont accumulés pourrait avoir plus de difficulté à perdre du poids. Néanmoins la pratique d’activité physique régulière favorise tout de même une meilleure gestion du poids ainsi qu’un maintien à long terme de bonnes habitudes de vie. Pour maintenir des effets positifs sur la santé, l’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de pratiquer au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine ou 75 minutes d’activité. De plus, on suggère de faire intervenir nos muscles par des activités en résistance au moins 2 fois par semaine. En intégrant ces éléments dans notre routine actuelle nous améliorons au passage notre santé métabolique en agissant sur toutes les composantes de ce syndrome. Notamment, on remarque une diminution de l’inflammation, de l’hypertension des désordres lipidiques ainsi que la prévention du diabète de type 2 et l’apparition précoce des maladies cardiovasculaires (2).

Mais qu’est-ce que la santé ?

Toujours selon l’OMS, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Selon cette définition, on comprendra que les paramètres de cet état sont assez larges et englobent une foule de déterminants passant par une soirée entre amis à la grasse matinée du dimanche matin. L’atteinte d’un équilibre devrait donc devenir notre priorité numéro un et une source de motivation à faire des activités nous procure un réel sentiment de plaisir. Plus encore, c’est en développant un vif intérêt à des activités qui nous font bouger et en réapprenant à apprécier les aliments qu’on développera des habitudes à long termes. Comme le maintien des habitudes est la partie la plus difficile dans les changements de comportements, nous augmentons alors nos chances de l’atteinte d’un équilibre global et d’un sentiment de contrôle et de puissance envers nos propres capacités d’action.

Qui dit activité physique pense alimentation. Ces deux composantes complémentaires travaillent en synergie dans notre quête au bonheur absolu. Plus encore, elle nous motive à prendre une meilleure tangente décisionnelle par rapport aux déterminants de la santé. En effet, il n’est pas rare qu’après un effort physique nous ayons davantage l’envie de manger des aliments sains, tels des fruits ou des produits laitiers plutôt que des aliments très gras et transformés.

Le plaisir de bien manger passe avant tout par un désir de vouloir donner le meilleur à son organisme pour bien fonctionner, mais également afin de satisfaire nos sens. L’alimentation santé passera avant tout par cet éveil et se modulera par nos sentiments de faim et de satiété. Après tout, un aliment seul ne peut avoir de conséquences ou de bienfaits directs sur notre santé, mais c’est plutôt un ensemble d’habitudes positives au bien-être qui nous fera rayonner physiquement, socialement et psychologiquement. À très long terme, les choix alimentaires basés sur des restrictions et des impressions «santé» bousculent les sentiments de frustrations et de compulsions et accentuent les effets pervers des soi-disant régimes miracles.  Des rages impulsives peuvent venir percer ce mirage et finissent par envahir quotidiennement la plupart des repas. Comment s’y retrouver dans ce brouhaha typique qui influence certains de nos choix ? Voici 5 conseils bien simples, mais pas toujours évident à appliquer.

  1. Manger à la table, assis sans aucune distraction.
  2. Prendre au moins 15-20 minutes pour déguster le repas et mastiquer !
  3. Au restaurant se permettre un «spécial» par exemple prendre un cocktail ou bien choisir un dessert à partager. Apprécier de vous faire plaisir tout en faisant des choix éclairés avec modération.
  4. Savourez chacune de vos bouchées et partager vos repas en bonne compagnie.
  5. Ne vous laissez pas berner par les produits zéro calorie et apprécier le contenant régulier qui augmentera votre sentiment de satiété.

Je vous souhaite un été remplie de spontanéité, de plaisirs et de sports! Osez découvrir de nouveaux endroits et essayer de nouvelles activités. Finalement, appropriez-vous les aliments du Québec et essayez de nouvelles recettes remplies de fraîcheur. Émerveillez-vous de cette diversité et prenez le temps d’apprécier, et de cuisiner en toute simplicité.

Cath-signature - 400

Références

  • http://www.contact.ulaval.ca/article_blogue/activite-physique-et-controle-du-poids/
  • Lakka, T. A., & Laaksonen, D. E. (2007). Physical activity in prevention and treatment of the metabolic syndrome.Applied physiology, nutrition, and metabolism32(1), 76-88.

 

Source photo : http://rebloggy.com/post/gif-girls-summer-beach/35319869918