5 étapes à faire lorsqu’une blessure sportive aiguë survient

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Trop souvent, dès que quelqu’un se blesse, on entend la fameuse phrase : as-tu mis de la glace ? Qui ne s’est pas déjà tourné la cheville en pratiquant un sport, ou bien en faisant une mauvaise chute ? L’application de la glace est un traitement qui est très répandu autant dans le monde sportif que dans les blessures de toute sorte, mais qu’en est-il des paramètres d’application de celle-ci ? Est-ce réellement la solution miracle pour tous les types de blessures ? L’application de froid, aussi nommé la cryothérapie, est un sujet largement controversé et constamment en changement dans les écrits scientifiques. Tentons de démystifier le tout un peu.

D’abord, avant d’appliquer de la glace, il est important de distinguer le stade de la blessure, c’est-à-dire aigu ou chronique. La phase aiguë d’une blessure se situe entre le moment d’apparition jusqu’à 4 jours suivant celle-ci, ce qui correspond à la phase inflammatoire de la blessure. Un exemple classique pourrait être un joueur de soccer qui se fait une entorse à la cheville lors d’un match suite à un coup de pied d’un adversaire. Lorsque l’on parle de blessures chroniques, généralement celles-ci sont des blessures qui perdurent dans le temps, c’est-à-dire qu’une douleur chronique se définit comme une blessure présente depuis plus de 3 à 6 mois ou qui persiste au-delà d’un mois de la période normale de guérison.

Deux autres concepts importants à comprendre sont les blessures primaires et les blessures secondaires. La blessure primaire correspond aux lésions engendrées par l’impact qui cause des dommages à la structure des tissus (cellules, vaisseaux sanguins, terminaisons nerveuses…) altérant ainsi leur fonction. Si on reprend l’exemple de notre joueur de soccer, cela correspond aux dégâts immédiats que le coup a engendré sur nos différents tissus. La blessure secondaire quant à elle, renvoie aux dommages additionnels des tissus suite à la blessure primaire. En fait, cela signifie que des cellules saines se trouvant à proximité de la zone de la blessure primaire vont subir des dommages occasionnés par des actions enzymatiques (enzymes digestives qui vont digérer les membranes des autres cellules saines) et des déficiences métaboliques (diminution de l’apport en oxygène à proximité de la lésion). Bref, la blessure secondaire fera en sorte que la zone lésionnelle totale de la blessure sera beaucoup plus grande. C’est ici que la glace entre en jeu ! La glace permet de limiter l’aggravation de la blessure, c’est-à-dire de limiter les dommages secondaires. De plus, la glace permettra de limiter la formation d’œdème (enflure) et de diminuer la douleur.

Le mot clé à retenir suite à une blessure aiguë est : RICES.

  • Repos : Le repos permet de limiter l’aggravation de la blessure. Dans les 12 premières heures suivant la blessure, il serait préférable d’opter pour un repos total concernant la zone de la blessure. À noter que la littérature suggère le concept du « Optimal Loading », c’est-à-dire que tout en protégeant le membre blessé, on tente de rapidement réintégrer le mouvement selon la tolérance et la douleur de l’individu.
  • Ice(glace) : Suite à une blessure aiguë, afin de limiter les dommages secondaires, soit l’expansion de la blessure : appliquez de la glace (Ice) le plus rapidement possible. L’idéal est d’appliquer celle-ci dans un délai de 5 à 10 minutes après l’incident. La glace ne permet pas de diminuer l’enflure, mais bien de la prévenir, d’où l’importance d’agir rapidement. La durée d’application de la glace devrait être entre 10 à 20 minutes répétée aux 2 heures. Optez pour de la glace concassée dans un sac de plastique recouvert d’une serviette humide, cela permet d’éviter une sensation trop froide sur votre peau ce qui pourrait créer une brûlure.
  • Compression : La compression à l’aide d’un bandage élastique permet de limiter la formation d’œdème. Celle-ci devrait être constante pour 20 à 24h. À noter que le bandage ne doit pas couper la circulation sanguine.
  • Elévation : L’élévation du membre atteint permet aussi de limiter la formation d’œdème. Théoriquement, le membre atteint devrait être élevé à 18 cm plus haut que le niveau du cœur. (Par exemple, si c’est la cheville ; placez celle-ci sur des oreillers lorsque vous êtes en position couchée.)
  • Stabilisation : On veut stabiliser le membre blessé, c’est-à-dire le supporter pour que les muscles soient relâchés et détendus. Un exemple serait l’utilisation de béquille pour une blessure du membre inférieur ou d’une écharpe autour du bras pour une blessure du membre supérieur.

Cela dit, il est important de prendre en charge rapidement toutes blessures musculosquelettiques aiguës. N’hésitez pas à consulter un physiothérapeute pour des traitements plus spécifiques et adaptés à votre condition.

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Références :

Knight, K., Knight, K. L., & Draper, D. O. (2012). Therapeutic modalities: the art and science. Lippincott Williams & Wilkins.

 

PAQUET, Nicole & Sandy, RENNIE (Hiver 2017), Notes de cours : Principes de rééducation II : Méthodes thérapeutiques. Université d’Ottawa.

 

POULIN, Lucie., MORISETTE, Julie & Dominique CARDINAL. (Hiver 2017). Notes de cours : Principes de rééducation I. Université d’Ottawa.

 

Source photo : http://www.riccartonpodiatry.co.nz/sports-injuries