Passion triathlon

Il y a un peu plus de 3 ans, j’étais une personne dite « sédentaire ». J’avais le profil typique de la personne qui, à tous les lundis, se dit qu’elle va enfin se mettre au sport, mais qui ne le fais jamais. Je ne voyais pas l’utilité d’aller bouger, parce que je n’avais pas de problème de poids. Comme si le sport n’était utile que pour perdre du poids ! Cependant, j’enviais les gens qui se dépassaient et pour qui le sport était une passion. Je ne les comprenais tout simplement pas : Faire du sport c’est souffrir, suer, avoir mal pendant plusieurs jours après l’entraînement. Quel plaisir retrouvent-ils là-dedans ?

 Puis un jour, sur un coup de tête, je me suis inscrite à une course avec une amie. Si je ne me fixais aucun défi, aucune chance que je me bouge les fesses. Comme bien des gens, je croyais que courir 5 km était facile. « Quand j’étais au secondaire, j’en courrais des 5 km, les doigts dans le nez !». Sur cet élan d’enthousiasme, je me suis inscrite à un 14 km. Mais quelle erreur.

Seul et unique moyen de me faire lever de mon divan : l’orgueil. J’avais moins de 3 mois pour me préparer à la course qui était à la fin de l’été. Je repoussais quand-même le plus possible le début de cet épisode de souffrance. Avec du recul, je crois que ce dont j’avais le plus peur, ce n’était pas de la course elle-même, mais d’être déçue de ma performance. Le temps avançait, je n’y étais toujours pas allée et je commençais à angoisser. Mon copain a donc fini par me forcer à y aller avec lui. On est donc parti pour un « petit » 5 km « facile », pas trop rapide. Après moins de 1 km, je cherchais mon air, j’ai eu la nausée et j’ai eu envie de tout abandonner. « La course, ce n’est pas fait pour moi. » J’ai tout de même couru pour retourner chez moi. Mon premier 2 km aura été ponctué de nombreux arrêts et surtout de beaucoup de lamentations. Le découragement était à son comble. Pas question que je retourne m’humilier de la sorte.

Voyant le temps filer, je n’ai pas eu d’autre choix que de retourner courir quelques fois, en fractionné très lent. Je crois que j’aurais pu marcher à la même vitesse. Chaque sortie était pénible, et toutes les raisons étaient bonnes pour ne pas y aller. Je me demandais encore quelle idée m’était passée par la tête de m’inscrire à une telle course.

Jusqu’au jour de ce fameux 14 km, je n’ai eu aucun plaisir à aller courir. Vous pouvez donc vous imaginer comment s’est passé cette course : horriblement ! J’avais mal aux pieds, j’avais des points au ventre, j’étais essoufflée, j’étais épouvantablement lente, mon doux, j’allais mourir! Le fil d’arrivée a été ma délivrance. Quelle joie, et quelle fierté ! J’avais couru 14 km !

Devant ma performance assez médiocre, je me suis dit que je devais absolument m’améliorer. Je n’ai donc pas arrêté d’aller courir, au contraire. Je courais alors 3 fois par semaine. J’étais en feu et j’étais motivée. J’étais encore très lente, je ne courais pas longtemps, mais je courais !

À la suite de cette série d’évènements, j’ai décidé de m’inscrire au 10 km du marathon d’Ottawa de l’année suivante avec une amie. Le hic, c’est que cette course est à la fin mai. J’ai donc couru pendant l’hiver, mais sur une piste intérieure.  Je bougeais déjà beaucoup plus que l’année précédente, alors même si j’étais stressée, je croyais en mes capacités. Le 10km s’est très bien passé. Je l’ai fait lentement, mais ce fût sans embuche. Alors là, la fille était contente et motivée à fond !

Le même été, une autre amie me donne le défi de faire le demi-marathon des deux-rives à Québec. « Jamais je serai capable de courir 21.1km ! » Mais elle n’a pas lâché son bout, et aujourd’hui, j’en suis ravie. Cette fois, il n’était pas question que je sois mal préparée. Sans être d’une grande rapidité, j’avais l’intention que cette course se fasse dans le plaisir. Je me suis donc mise à courir 4 fois par semaine. Je commençais à ressentir les bienfaits du sport : Amélioration, dépassement de soi, fierté, bien-être. J’aimais enfin courir ! En suivant un bon plan d’entraînement, j’ai finalement réalisé mon premier demi-marathon à la fin de l’été.

L’année suivante, j’avais l’intention de courir le demi-marathon à Ottawa en mai. Vous vous imaginez donc que je suis allée m’équiper de la tête aux pieds afin de pouvoir courir dehors tout l’hiver.  C’est à ce moment-là que je suis devenue complètement «accro» à la course. Sortir prendre l’air frais me faisait un bien fou, même à -30 degrés. Je vous le jure que ça fait du bien !

Au cours de l’hiver, mon père, qui est un passionné du triathlon, commence à me parler régulièrement de ce sport. Mais je déteste la natation. « Faire des aller-retours dans une piscine de 25 m de long ? Ouache ! » Et un vélo, ça coûte cher. Malgré tout, je demeure ouverte à l’idée, et ça me travaille. Mélanger, la natation, la course, le vélo et la musculation, ce n’est pas rien. Quel beau défi que d’alterner d’un sport à l’autre et de se donner à fond dans trois disciplines à la fois. Puis un jour, une amie me dit « Si tu embarques dans les triathlons, je le fais avec toi ! ». Il ne m’en fallait pas plus pour que j’aille m’équiper de la tête aux pieds pour la natation. Et Bam ! Me revoilà dans la piscine à me rappeler mes moments de jeunesse. Je commence donc à nager de temps en temps et je fais un peu de spinning dans l’objectif d’éventuellement faire un triathlon sprint, mais sans presse. La course reste mon « dada ».

Le demi-marathon d’Ottawa arrive. Selon ma forme physique et les entraînements que je fais depuis plusieurs mois, la course devait se passer à merveille. Malheureusement, je complète le demi-marathon de peine et de misère avec une fracture du 5e métatarsien. L’adrénaline retombée, je pars à la recherche de mes amies et je m’effondre, étourdie par la douleur. Je ne pouvais plus marcher. Quelques jours plus tard, le médecin m’annonce que l’entrainement, c’est terminé pour 1 mois minimum et la course, pour 1 mois et demi à 2 mois. C’était la panique totale. Je ne pouvais plus faire du sport.

Lorsque j’ai enfin pu remarcher sans botte « Samson », je ne pouvais toujours pas courir. Mais je pouvais faire du vélo et nager ! C’était le signe qu’il me fallait, je me lance alors dans le triathlon de façon plus assidue. Je me procure un vélo de route performant et je me mets à nager régulièrement, et même en lac. J’aime tellement ça que je finis par m’inscrire à un premier triathlon sprint à Duschesnay, à la fin août. Au moment de l’évènement, je n’avais toujours pas fait de 5 km de course, mais je m’étais bien préparée pour les 2 autres sports, alors j’avais confiance. J’ai alors effectué mon premier triathlon sprint à vie !

 

Finalement, l’automne dernier, remise de mes émotions de l’été et bien solide sur mes deux pieds, une amie m’approche en me disant « En mai prochain, on fait le marathon d’Ottawa, fais-le donc avec nous ! ». Ce fût un non catégorique. Même si je m’entrainais alors 4 à 5 fois par semaine, il était inconcevable pour moi de courir un marathon. Ben voyons, 42.2 km ! Quel fou ferait ça ? Des milliers vous me direz, je sais. Vous pouvez donc vous imaginer la suite ! Mais cette fois, ce ne fût pas sans m’informer. J’ai discuté avec ma physiothérapeute, pour éviter de me blesser à nouveau. Était-il réalisable pour moi de compléter un marathon en mai ? Elle m’a dit que oui, mais qu’un coach serait idéal pour contrôler le volume d’entrainement et intégrer la natation et le vélo au programme. C’est alors qu’avec l’aide de ma coach, de ma physiothérapeute et de ma nutritionniste, je m’entraîne plus que jamais, dans l’objectif de compléter mon premier marathon. J’ai aussi l’intention de participer à deux triathlons Olympiques l’été prochain, et à un Ironman 70.3 en 2019.

En mai prochain, je deviendrai marathonienne, alors qu’il y a 3 ans aujourd’hui, je n’étais pas en mesure de courir plus d’un kilomètre. Incroyable, n’est-ce pas ?

L’objectif de cette histoire n’est pas d’inciter les gens à courir, mais plutôt de leur faire réaliser que personne n’est un super héros. Certaines personnes peuvent être impressionnées par les entraînements et croire que les sportifs ont toujours été sportifs, et que s’ils ne le sont pas, ils ne le seront jamais. Je veux que les gens réalisent que pour plusieurs, ça été difficile, et ce l’est encore. Je ne suis pas une grande athlète, j’évolue peu à peu et je suis simplement fière de ce que j’accomplis. Ça prend de l’acharnement et de l’orgueil, mais avec de la volonté, tout le monde peut y arriver. À votre tour de vous lever et d’aller courir ce 2 km. Ce ne sera que le début d’une belle histoire !